Banque Centrale Européenne (BCE)

La BCE est le successeur de l’Institut monétaire européen (IME) et a été créée à Francfort-sur-le-Main en 1998. Christine Lagarde est la présidente de la Banque centrale depuis le 1er novembre 2019. Elle a remplacé l’Italien Mario Draghi. La création d’une banque centrale européenne pour la zone euro était devenue nécessaire car l’euro, en tant que monnaie commune, nécessitait également une politique monétaire et de change unique. Le 01.01.1999, l’euro est devenu la monnaie européenne. L’Eurosystème a été formé par onze États membres de l’UE, huit autres membres les rejoignant par la suite. Ces pays ont introduit l’euro comme monnaie nationale depuis 2002 et forment une “union monétaire”. Outre la BCE, le Système européen de banques centrales (SEBC) comprend toutes les banques centrales nationales de la zone UE, indépendamment de l’introduction de l’euro.

Qu’est-ce que la BCE ?

La BCE est l’organe suprême de toutes les banques centrales nationales de l’Eurosystème. Ils coopèrent sur la base du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et des statuts du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne. Trois organes décident de la politique monétaire et des activités quotidiennes de la banque centrale.

L’organe consultatif le plus important qui prend des décisions sur la politique des taux d’intérêt est le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui se compose du Directoire de la BCE et des 16 gouverneurs des banques centrales nationales.

Le directoire, qui est élu par les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro, est chargé de préparer les réunions du conseil des gouverneurs et les activités quotidiennes de la banque centrale. Un poste important au sein du conseil d’administration est celui d’économiste en chef, actuellement occupé par Philip Lane.

Il y a aussi le Conseil général, qui exerce des fonctions de coordination et de conseil et prépare l’adhésion de nouveaux pays à l’Eurosystème.

Bien que la BCE ne soit pas une banque centrale au sens propre du terme, elle a repris les tâches des institutions nationales en Europe. Par sa politique monétaire, elle soutient les pays, les économies et les établissements de crédit de l’Eurosystème. Son objectif le plus important est la stabilité des prix en Europe, ce qui signifie qu’elle surveille l’inflation. La BCE voit des prix stables garantis à un taux d’inflation d’environ 2%. Une croissance économique stable et un niveau d’emploi élevé sont les objectifs primordiaux pour une zone euro compétitive avec une économie sociale de marché.

Les missions de la BCE

Régulation de la politique monétaire par la fixation du taux d’intérêt directeur qui influence la croissance de la masse monétaire

Gestion de la politique monétaire par l’achat et la vente de devises et la gestion des réserves de change de la zone euro

Surveillance du contrôle bancaire national et garantie du bon fonctionnement des systèmes de paiement (système de paiement Target 2)

Maintenir la stabilité des prix en contrôlant l’inflation et en évaluant les risques pour la stabilité des prix

Garantir la stabilité du système bancaire européen en supervisant les établissements de crédit d’importance systémique au niveau national

Collecte d’informations statistiques et promotion de la coopération internationale

L’influence de la BCE

Le rôle de la BCE et de sa présidente Christine Lagarde n’est pas sans controverse, car leurs pouvoirs n’ont cessé de s’accroître dans le cadre de la lutte contre la crise financière. La difficulté consiste à trouver une politique monétaire pour tous les membres de la zone euro qui soit adaptée à leurs différentes situations économiques. Les banques centrales nationales ne peuvent plus réglementer la politique monétaire sur une base nationale par la dévaluation de la monnaie, la réduction des taux d’intérêt et l’impression de monnaie, comme elles le faisaient dans le passé. L’économie ne se développe pas de manière homogène dans les États membres, de sorte que, par exemple, un niveau de taux d’intérêt différent serait approprié en Grèce ou en Italie qu’en Finlande ou en Allemagne. Dans ses décisions, la BCE doit agir indépendamment des influences de l’État et du gouvernement. Cette indépendance est garantie par l’indépendance du personnel, des finances et des institutions. Les organes de surveillance de la BCE sont le Parlement européen, la Commission européenne, le Conseil européen, le Conseil de l’UE et la Cour des comptes européenne.

Comment la BCE utilise les instruments de la politique monétaire

Opérations d’open market basées sur un appel d’offres à taux variable ou un appel d’offres à taux d’intérêt : le taux de refinancement principal des banques commerciales est déterminé par la procédure d’adjudication. Depuis la dernière crise financière, la procédure d’appel d’offres à taux fixe a été utilisée. La BCE fixe les taux d’intérêt auxquels les banques peuvent obtenir des fonds pendant une semaine. C’est le taux préférentiel. Les banques déclarent leurs besoins en monnaie de banque centrale, la BCE répartit le volume de monnaie. Le taux d’intérêt est de 0,05% depuis septembre 2014. Les établissements de crédit déposent des titres auprès de la BCE et reçoivent des liquidités en contrepartie.

Spécification de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt : pour les dépôts à vue auprès de la BCE, les établissements de crédit doivent actuellement payer un taux d’intérêt de pénalité de 0,2 %. Les prêts au jour le jour (prêts marginaux) à la banque centrale coûtent actuellement 0,3 %.

Détermination des réserves minimales : Les banques commerciales doivent détenir un solde minimum de 1% de leurs dépôts et titres de créance auprès de la banque nationale respective. Les réserves minimales ont été réduites de 2 % à 1 % ces dernières années et sont rémunérées à des intérêts.

Intervention sur le marché des changes : la BCE peut acheter ou vendre des euros afin de stabiliser ou d’orienter le taux de change dans la direction souhaitée.

L’introduction de Bâle III a eu un impact significatif sur les instruments susmentionnés.

Effets des mesures actuelles de la BCE

Toutefois, l’impact de ces instruments de politique monétaire ne peut être évalué de manière fiable. L’objectif des baisses de taux d’intérêt passées était d’éviter une récession européenne. En outre, elles ont été mises en œuvre afin d’atteindre l’objectif d’inflation de 2 %. Les banques commerciales devaient rester liquides et la stabilité des marchés financiers devait être rétablie après la crise majeure. Des mesures spéciales supplémentaires ont été prises, telles que des opérations de refinancement à plus long terme d’une durée maximale de quatre ans, des milliards de prêts spéciaux ont été accordés aux banques commerciales et des obligations bancaires ont été rachetées.

Comme le succès sous la forme d’une augmentation des prêts à l’économie et aux consommateurs ne s’est pas encore concrétisé, la BCE a encore élargi la masse monétaire nationale. Depuis mars 2015, elle achète chaque mois des obligations (notamment des obligations d’État) et d’autres titres d’une valeur de 60 milliards d’euros. Ce plan de la BCE est également connu sous le nom de “quantitative easing” et représente l’achat d’obligations pour une valeur de 1140 milliards d’euros. Pour les épargnants, la réduction des taux d’intérêt a également un impact, car ils reçoivent moins d’intérêts sur certains placements sur leurs comptes. Les dispositions de la politique monétaire de la banque centrale sont conçues pour encourager l’investissement afin de stimuler l’économie.