Taux d'intérêt directeur

Le taux d’intérêt directeur constitue la base des taux d’intérêt d’un pays ou d’une zone monétaire et est déterminé par la banque centrale respective. Aux États-Unis, par exemple, il s’agit de la FED et en Europe la BCE. Le taux d’intérêt directeur est l’instrument de politique monétaire le plus important utilisé par une banque centrale pour gérer activement la masse monétaire circulant dans l’économie. La politique monétaire d’une banque centrale peut être restrictive ou expansionniste. Si l’on veut mettre plus d’argent en circulation, le taux d’intérêt directeur est abaissé. À ce taux d’intérêt, la banque centrale fournit des liquidités aux banques commerciales de sa région, qui sont ensuite censées les transmettre à l’économie réelle. Si la politique monétaire est restrictive, le taux d’intérêt directeur est relevé, ce qui a pour effet de retirer des liquidités des marchés.

On parle toujours du taux d’intérêt directeur, mais il existe trois taux d’intérêt qui influencent le cycle de l’argent. Depuis septembre 2014, les trois taux d’intérêt sont restés proches de zéro. Cela rend le taux de change de l’euro moins cher, car il est plus lucratif d’investir de l’argent dans des pays où les taux d’intérêt sont plus élevés. Dans le même temps, il devient plus rentable de contracter des prêts à long terme - les exportations sont ainsi encouragées.

Taux de refinancement principal

Le taux d’intérêt le plus important, connu sous le nom de taux d’intérêt directeur proprement dit, est le taux de refinancement principal. Elle a plus ou moins une influence sur le niveau des taux d’intérêt de tous les produits bancaires porteurs d’intérêts, des facilités de découvert aux intérêts de l’épargne. Les banques commerciales peuvent obtenir des liquidités de la banque centrale sur une base hebdomadaire. Il s’agit de ce que l’on appelle des transactions sur le marché libre. Les institutions peuvent actuellement emprunter de l’argent pour 0,05 %. La banque centrale achète des titres aux banques commerciales et les oblige à les racheter dans un délai de 14 jours. Ainsi, les banques commerciales se voient attribuer de l’argent de la banque centrale dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres. Soit sous forme d’appels d’offres à taux fixe, dans lesquels la BCE précise les taux d’intérêt et les institutions demandent la masse monétaire, soit sous forme d’appels d’offres à taux variable avec offres de taux d’intérêt. La procédure d’appel d’offres à taux fixe est utilisée depuis la crise financière. Afin de prêter de l’argent de la banque centrale, les banques commerciales doivent déposer des titres en tant que garantie. La BCE peut également accroître la masse monétaire nationale en abaissant les exigences de solvabilité pour les titres à déposer, ce qui donne aux banques une plus grande marge de manœuvre pour emprunter de l’argent à bon marché. En outre, il existe des opérations de refinancement à plus long terme d’une durée de trois mois, ainsi que des mesures de réglage fin et des mesures structurelles pour les besoins de liquidités imprévus ou les excédents des banques.

Taux de prêt marginal

Si une banque a besoin d’argent du système de la banque centrale pour une très courte période de temps - une nuit - elle le reçoit sans limite au taux de prêt marginal. Ce taux est actuellement de 0,3 %. Pour ces montants, les banques doivent également déposer des garanties éligibles au refinancement de la banque centrale. Comme aucun taux d’intérêt plus élevé n’est payé dans les échanges interbancaires, ce taux d’intérêt directeur représente la limite supérieure des taux de l’argent au jour le jour.

Le taux de dépôt

Le troisième taux d’intérêt directeur est la facilité de dépôt. Les banques européennes peuvent déposer leurs excédents d’argent auprès de la BCE pendant une journée à un certain taux d’intérêt. Ce taux d’intérêt représente la limite inférieure des dépôts à vue auprès des banques commerciales. Pendant ce temps, les banques sont pénalisées si elles placent leurs excédents de liquidités auprès de la BCE. Ils ne reçoivent pas d’intérêts de la banque centrale, mais doivent payer 0,2 % d’intérêts. La BCE veut faire en sorte que les établissements de crédit dépensent l’argent qui leur reste sous forme de nouveaux prêts. Cela devrait stimuler la demande de biens économiques. Néanmoins, depuis des années, une grande partie de l’argent n’arrive pas dans l’économie réelle, mais est investi sur les marchés des actions, des obligations et de l’immobilier.

Quelle est l’influence du taux préférentiel sur l’économie ?

Les banques basent leurs calculs et leurs échanges interbancaires en grande partie sur le taux d’intérêt directeur fixé par la banque centrale. Leurs conditions dépendent, entre autres, des anticipations de modifications futures du taux d’intérêt directeur et de l’évolution du taux d’inflation. Les taux d’intérêt des prêts sont supérieurs au niveau du taux d’intérêt directeur, les taux d’intérêt des crédits sont généralement inférieurs à celui-ci. Les banques bénéficient de cette marge d’intérêt. Toutefois, la rentabilité d’une banque dépend de la gestion des risques liés à ses activités de prêt. Les emprunteurs doivent être en mesure de rembourser leurs prêts avec un degré de probabilité élevé, ce qui est particulièrement important pour les prêts d’investissement à long terme. Mais la volonté de contracter davantage de prêts ne dépend pas uniquement de la viabilité économique du remboursement. Les investisseurs doivent avoir la confiance et le courage d’investir et de croire en un avenir économiquement sain.

Les taux d’intérêt directeurs, qui ont atteint un niveau historiquement bas, signifient que le taux d’inflation en Europe est bien inférieur à l’objectif d’environ deux pour cent. À ce rythme, une valeur monétaire stable est assurée. L’objectif le plus important de la BCE, qui consiste à éviter une chute permanente des prix, comme l’ont montré les dernières années, ne peut être atteint aussi facilement en abaissant les taux d’intérêt directeurs. Un exemple édifiant est celui du Japon, qui a connu une stagnation économique au cours des 20 dernières années en raison de la déflation, malgré une politique de taux d’intérêt zéro. Il existe de nombreux autres facteurs qui influent sur la force économique d’une zone monétaire et qui ne peuvent être évalués de manière fiable, échappent à la réglementation de la politique monétaire :

Influences sur l’économie et les consommateurs

Le processus de fixation des taux d’intérêt directeurs

Les attentes économiques

les indicateurs du sentiment des entreprises et des consommateurs

Les taux de change

Les balances du commerce extérieur

Les données sur le marché du travail et les nouvelles commandes

Les flux monétaires et l’économie sont étroitement liés et doivent être gérés dans un contexte international en interaction avec les décisions des autres grandes banques centrales. En outre, la baisse des taux d’intérêt directeurs ne prend effet qu’après un certain temps.

Les consommateurs sont touchés différemment par les réductions des taux d’intérêt directeurs. Une masse monétaire croissante stimule leur propension à consommer. Pour les épargnants, les faibles taux d’intérêt sont une nuisance car ils ne reçoivent pratiquement aucun revenu pour leurs investissements. Les emprunteurs s’en réjouissent car ils peuvent financer leur propre maison à des taux d’intérêt mini lucratifs.